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Inhoud syndiceren Institut économique Molinari : proposer des solutions alternatives et innovantes favorables à la prospérité de l'ensemble des individus composant la société
L'Institut économique Molinari est un organisme de recherche et d'éducation. Il vise à entreprendre et à stimuler l'approche économique dans l'analyse des politiques publiques. L'IEM s'est fixé comme mission de proposer des solutions alternatives et innovantes favorables à la prospérité de l'ensemble des individus composant la société. Organisation à but non lucratif financée par les cotisations volontaires de ses membres, il n'accepte aucune subvention gouvernementale ni soutien de partis politiques.
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La faillite des banques centrales - Épilogue

16 mei, 2012 - 15:40

Texte d'opinion publié le 9 mai 2012 sur 24hGold.

Notre précédent article défendait la thèse que l'insolvabilité d'une banque centrale ne pouvait être que comptable, et que de ce fait elle n'avait pas d'incidence directe sur la situation économique de la banque centrale elle-même. En revanche, nous avons évoqué la possibilité d'une incidence indirecte, notamment à travers le comportement des détenteurs de monnaie. C'est l'analyse de ce dernier point qui clôturera cette trilogie sur la question de la faillite des banques centrales.

Une monnaie continue à être détenue et utilisée dans les transactions uniquement dans la mesure où les individus anticipent pouvoir l'échanger contre d'autres biens et services à l'avenir. Cette anticipation, aussi subjective soit-elle, se nourrit de facteurs objectifs, tels l'attitude observée des autres participants au marché ainsi que la stabilité du pouvoir d'achat de la monnaie. Si, par exemple, les prix monétaires se mettaient à grimper contre toute attente, les anticipations quant à la capacité de la monnaie de garder le pouvoir d'achat de l'épargne individuelle seront revues. Une baisse de la demande de monnaie s'ensuivrait, laquelle impliquerait de fait une demande accrue d'autres biens et services, et donc une hausse effective des prix monétaires.

C'est bien ce comportement individuel en matière de demande de monnaie qui explique tant la genèse que la mort des monnaies, et donc par extension de leurs producteurs. Dans le monde moderne des monnaies-papiers, une banque centrale peut être mise à mal si la demande pour sa monnaie (euro, dollar, yen) venait à diminuer sensiblement jusqu'à disparaître. La hausse des prix monétaires qui s'ensuivrait nourrirait des anticipations de baisse future du pouvoir d'achat, ce qui inciterait les individus à détenir encore moins de monnaie.

Il n'est pas rare que cette situation qui, à cause du refus d'utiliser la monnaie, donne l'illusion d'une rareté de celle-ci pousse la banque centrale à injecter encore plus de monnaie, soi-disant pour pallier l'insuffisance d'encaisses. Le processus accéléré de détérioration du pouvoir d'achat de la monnaie, qu'on appelle encore hyperinflation, résulte alors en une annihilation pure et simple de la valeur de la monnaie. D'un point de vue économique, la banque centrale a fait faillite.

Certains arrangements monétaires différents de celui décrit dans notre série d'article, tels la convertibilité en une monnaie marchandise (l'étalon-or par exemple), présentent l'avantage d'envoyer des signes annonciateurs de détérioration du pouvoir d'achat de la monnaie en question qui permettent alors d'éviter la faillite définitive d'une banque émettrice.

Ainsi, la baisse de la demande de signes monétaires (à savoir les billets convertibles dans la marchandise choisie comme monnaie), surtout grâce à des spéculateurs entreprenants et avisés, se traduit alors par une perte de réserves en monnaie-marchandise. Cela rend bien plus difficile le maintien de la convertibilité, et oblige la banque centrale émettrice à adopter une politique conservatrice, dans la mesure où elle souhaiterait ne pas dévaluer ses émissions. Le risque de dévaluation, et la perte de réputation qu'il impliquerait, agit alors comme un facteur responsabilisant. Ce mécanisme est cependant absent du monde moderne de monnaies-papiers inconvertibles.

La faillite d'une banque centrale moderne apparaît in fine comme tout à fait possible, non pas à cause de l'inconvertibilité de la monnaie-papier, mais à cause du comportement que les utilisateurs de la monnaie pourraient adopter. À son tour, ce comportement est intimement lié à la politique suivie par la banque centrale, notamment en matière de création monétaire. Plus une banque centrale est expansionniste, plus elle s'expose au risque de faillite car elle nourrit la réticence des individus à utiliser sa monnaie.

Au fond, ce sont donc les fausses théories économiques lesquelles, en faisant croire à un lien causal entre création monétaire et richesse, justifieraient les politiques monétaires expansionnistes, qui expliquent la possible faillite des banques centrales. Il s'agit là d'une conclusion, somme toute, positive car elle suggère que des institutions incapables d'atteindre l'objectif qui leur a été assigné (dans le cas d'une banque centrale, le maintien du pouvoir d'achat de la monnaie) finissent par disparaître d'elles-mêmes.

Siméon Brutskus a vécu sa jeunesse à l'Est, avant de parfaire son éducation économique en France. Sa carrière d'enseignant-chercheur l'a conduit à s'intéresser à la théorie et politique monétaires, et au rôle qu'occupent les banques centrales dans la déstabilisation des systèmes financiers.

Pour que la crise débouche sur une expansion durable

16 mei, 2012 - 15:27

Texte d'opinion publié dans l'édition de mars 2012 de L'ENA hors les murs, le magazine mensuel français édité par les anciens élèves de l'École nationale d'administration (ENA).

Quand la crise a éclaté en 2007 aux États-Unis puis en 2008 en Europe, tout le monde espérait que celle-ci serait de courte durée et qu'il suffirait de quelques plans de relance à la mode keynésienne pour faire repartir nos économies, certes en difficulté, mais structurellement saines.

Or, les sommets comme les plans de relance se sont multipliés au cours de dernières années sans que rien n'y fasse : la crise est là et risque même de s'intensifier. Faut-il pour autant céder au pessimisme et à la morosité ? Ce serait dommage. Si cette crise est et sera douloureuse, elle est aussi une formidable occasion de mieux comprendre les maux dont souffrent nos économies. Elle nous aidera peut-être à trouver le courage de réaliser les réformes qui nous permettront de rebondir durablement.

Au départ la crise actuelle a été analysée comme remettant au goût du jour les thèses keynésiennes, justifiant le recours aux plans de relance. Après 3 ans de relances, budgétaire et monétaire, sans effet durable sur la santé de l'économie, elle incite au contraire à se repencher sur le courant économique autrichien et sa théorie du cycle économique. Cette école offre en effet une explication pertinente de la situation et des solutions capables de nous redonner les moyens de repartir sur des bases saines.

Selon les keynésiens, représentés aujourd'hui par des économistes comme Paul Krugman (prix Nobel d'économie 2008), l'économie est soumise à des changements imprévisibles. La prospérité comme le déclin sont le fruit dans un cas d'un optimisme inexplicable et dans l'autre d'un pessimisme tout aussi arbitraire.

Les récessions font donc partie intégrante des économies de marché. Ainsi, quand la demande pour l'investissement diminue de façon soudaine du fait d'une perte de confiance inexplicable et irrationnelle du monde des affaires (l'esprit animal), cela déclenche une baisse de la production, une hausse du chômage et une chute des revenus des ménages. Ces derniers perdent à leur tour confiance et épargnent plutôt que de dépenser, si bien que les entreprises se retrouvent avec des invendus et diminuent encore leur production. Cela déclenche une véritable spirale déflationniste que seul l'État peut contrer.

En effet, les keynésiens proposent que l'État use de ses plans de relance, budgétaires et monétaires, pour compenser la baisse de la demande privée par la demande publique. Dans leur vision, le taux d'intérêt est un phénomène purement monétaire (résultat de la confrontation de l'offre et de la demande de monnaie). Il doit être maintenu à un niveau bas pour via la création monétaire, susciter un niveau d'investissement élevé et ainsi augmenter le taux de croissance.

Cette politique monétaire se révèle cependant souvent insuffisante pour stimuler la demande car quand les taux sont trop bas, des investisseurs privés peuvent décider de retirer leur fonds et quand l'incertitude est trop élevée, les individus peuvent préférer épargner leur argent plutôt que de l'investir. Du coup, les dépenses publiques offrent une garantie que les fonds seront effectivement investis quelque part dans l'économie.

Pour l'école d'économie autrichienne, représentée par des économistes comme Ludwig von Mises ou Friedrich A. von Hayek (prix Nobel d'économie 1974), ces politiques monétaires et budgétaires sont incapables d'offrir des solutions à l'apparition de cycles économiques dans la mesure où elles en sont à l'origine. Ils expliquent, à la différence de Keynes, que le taux d'intérêt est la conséquence d'un phénomène intrinsèquement humain, à savoir la préférence pour le temps des individus. Les gens comme vous et moi préfèrent consommer maintenant un bien plus tôt que plus tard. Cela conduit à la formation d'un taux d'intérêt sur le marché qui récompense l'attente entre la consommation immédiate et la consommation dans le futur (l'épargne). Quand le taux d'intérêt baisse, la préférence pour le présent de la plupart des gens diminue. Si le taux d'intérêt augmente, c'est que les préférences changent et que la préférence pour le présent croît.

Le taux d'intérêt dans une société est donc un indicateur de la quantité d'épargne que les individus sont prêts à mettre à la disposition d'investisseurs qui de ce fait seront en mesure de mener à bien des projets. Quand on manipule à la baisse ce taux par la création de monnaie – comme le proposent les keynésiens – on laisse penser qu'il existe un stock d'épargne plus important que ça n'est en fait le cas.

Cela va inciter des entrepreneurs à se lancer dans des projets de plus longue durée puisque le taux en vigueur indique – au moins sur le papier – qu'il est maintenant rentable de les lancer. Or, dans la mesure où la préférence pour le présent des individus n'a pas changé, les entrepreneurs vont se retrouver dans l'impossibilité de trouver les ressources nécessaires à leur réalisation complète.

Il va ainsi devenir nécessaire d'enchérir sur le prix des facteurs de production, si bien que la marge de profitabilité des projets va diminuer. Ce renchérissement du prix des matières premières va aussi susciter des besoins de monnaie supplémentaires auprès des banques. Si celles-ci sentent que leur solvabilité est menacée, elles peuvent décider de ne plus octroyer de nouveaux crédits, provoquant ainsi la faillite des entrepreneurs en question. Le renchérissement des prix peut aussi créer des tensions à la hausse du niveau général des prix, incitant les Banques centrales à stopper la création monétaire en remontant leurs taux directeurs, rendant le refinancement des banques commerciales plus difficile.

C'est alors que la bulle éclate et entraîne l'arrêt de nombre de projets, la faillite en cascade d'entreprises et l'augmentation du taux de chômage. Ces phénomènes sont la preuve que de nombreux malinvestissements ont été réalisés et que des ajustements au sein de la structure de production sont nécessaires.

Or depuis les années 1970, à chaque fois que le système s'est essoufflé, les pouvoirs publics ont répondu par une politique budgétaire et monétaire toujours plus accommodante. C'était d'autant plus facile qu'avec la fin du système de change-or (1971) et l'émergence d'un système monétaire basé sur de la monnaie fiduciaire, la création monétaire n'a plus de limites. Cela explique les dérapages de pays, tels la France, incapables d'équilibrer leurs comptes publics depuis 1974.

Si l'on en croit les keynésiens, ces plans de relance n'ont pas été suffisants. Paul Krugman ne cesse de rappeler que la dette et le déficit ne sont pas des problèmes en soi et que seul le niveau d'emploi compte, emploi qu'il faut stimuler par l'injection de liquidités aussi importantes que nécessaire.

Pour les autrichiens, au contraire, ces « injections » sont le poison qui tue à petit feu nos économies et ce n'est pas en ajoutant de nouvelles couches de dépenses qu'on leur permettra de repartir sur des bases saines.

Il faudrait, au contraire, cesser d'empêcher le marché de fonctionner normalement et donc laisser les taux d'intérêt se fixer librement, arrêter de sauver de la faillite ces entreprises et ces banques devenues insolvables et parfois irresponsables.

Si la période de crise est douloureuse, elle n'en est pas moins nécessaire car elle va permettre une réallocation des ressources de production, rendue d'autant plus facile à réaliser que sous l'impact de nombreuses faillites et de la fin des crédits artificiels, les prix chutent. La baisse des prix va permettre le rachat des ressources productives par des entrepreneurs qui les utiliseront dans des processus de production plus courts et plus rentables. Progressivement, les affaires reprennent sur des bases plus saines car plus conformes à ce que les gens souhaitent en priorité.

Si cette crise est l'occasion pour un certain nombre de comprendre que nous ne vivons pas dans des sociétés capitalistes à tout crin mais au contraire, dans des systèmes où les politiques monétaires et réglementaires n'ont sans doute jamais été aussi lourdes, alors il y a de vraies raisons d'être optimiste. Car en comprenant les raisons de la récession, il sera alors possible de parler des solutions nécessaires pour rebondir et reconstruire le dynamisme et la compétitivité de la France.

Cécile Philippe est directrice générale de l'Institut économique Molinari.

De 1/4 à 1/2

16 mei, 2012 - 15:14

Le niveau des dépenses publiques des pays développés a connu une augmentation très importante depuis 1960 jusqu'au milieu des années 1990 où leur valeur moyenne pour les dix-huit pays de l'OCDE a connu un pic (qui depuis a cependant été dépassé du fait de la crise). Elles sont passées en une trentaine d'années d'un peu plus d'un quart du PIB à un peu moins de la moitié.

Source : Rapport d'information n°441, Sénat, 2 juillet 2008.

Le Dictionnaire du libéralisme (Larousse, 2012)

9 mei, 2012 - 18:32

Dictionnaire du libéralisme, publié chez Larousse en avril 2012.

Cécile Philippe, directrice générale de l'IEM, et Valentin Petkantchin, chercheur associé à l'IEM, ont contribué au Dictionnaire du libéralisme, publié chez Larousse en avril 2012 (C. Philippe : « Développement durable et environnement » ; V. Petkantchin : « Brevet, quota, salaire minimum et utilité marginale »). Sous la direction de Mathieu Laine, l'ouvrage comprend 300 entrées et 65 contributeurs.

Présentation de l'éditeur

Le libéralisme a-t-il échoué ? Le libéralisme est-il la loi du plus fort ? Pourquoi les Français sont-ils hostiles au libéralisme ? Le libéralisme est-il un anarchisme sauvage ? Un « laisser-faire » immoral ? Une doctrine de droite ? Un nouveau totalitarisme ? Etc.

En cette période de crise économique, et à la veille des élections présidentielles, autant de questions que l'on pourrait être en droit de se poser. De façon claire et sans langue-de-bois, le Dictionnaire du libéralisme apporte des réponses originales et dénonce les idées reçues.

En plus de 300 entrées, cet ouvrage montre que le libéralisme n'est pas qu'une doctrine économique, mais bien un courant de pensée plus global et présent dans d'autres secteurs de la société par exemple politique, juridique, éducatif, sociologique, voire même philosophique.

Biographie de l'auteur

Mathieu Laine a dirigé cet ouvrage. Il a créé et anime le séminaire de Sciences Po « Introduction à la pensée libérale ». Il dirige le cabinet de conseil en stratégie Altermind. Il est également membre du comité de rédaction de la revue Commentaire et auteur de plusieurs essais, dont La Grande Nurserie et Post-politique.

Spécialistes reconnus dans leur domaine respectif, les 65 auteurs du Dictionnaire du libéralisme sont économistes, juristes, philosophes. sociologues, psychiatres ou historiens.

Liens externes

Un dictionnaire très libéral - Souvent caricaturé, le libéralisme serait-il un humanisme ? Article de Marc Lambron publié dans Le Point le 12 avril 2012.

Aux sources du libéralisme Interview avec Mathieu Laine publiée dans Les Échos le 11 avril 2012.

Commandez l'ouvrage sur Amazon.fr

Le Dictionnaire du libéralisme (Larousse, 2012)

9 mei, 2012 - 18:32

Dictionnaire du libéralisme, publié chez Larousse en avril 2012.

Cécile Philippe, directrice générale de l'IEM, et Valentin Petkantchin, chercheur associé à l'IEM, ont contribué au Dictionnaire du libéralisme, publié chez Larousse en avril 2012 (C. Philippe : « Développement durable et environnement » ; V. Petkantchin : « Brevet, quota, salaire minimum et utilité marginale »). Sous la direction de Mathieu Laine, l'ouvrage comprend 300 entrées et 65 contributeurs.

Présentation de l'éditeur

Le libéralisme a-t-il échoué ? Le libéralisme est-il la loi du plus fort ? Pourquoi les Français sont-ils hostiles au libéralisme ? Le libéralisme est-il un anarchisme sauvage ? Un « laisser-faire » immoral ? Une doctrine de droite ? Un nouveau totalitarisme ? Etc.

En cette période de crise économique, et à la veille des élections présidentielles, autant de questions que l'on pourrait être en droit de se poser. De façon claire et sans langue-de-bois, le Dictionnaire du libéralisme apporte des réponses originales et dénonce les idées reçues.

En plus de 300 entrées, cet ouvrage montre que le libéralisme n'est pas qu'une doctrine économique, mais bien un courant de pensée plus global et présent dans d'autres secteurs de la société par exemple politique, juridique, éducatif, sociologique, voire même philosophique.

Biographie de l'auteur

Mathieu Laine a dirigé cet ouvrage. Il a créé et anime le séminaire de Sciences Po « Introduction à la pensée libérale ». Il dirige le cabinet de conseil en stratégie Altermind. Il est également membre du comité de rédaction de la revue Commentaire et auteur de plusieurs essais, dont La Grande Nurserie et Post-politique.

Spécialistes reconnus dans leur domaine respectif, les 65 auteurs du Dictionnaire du libéralisme sont économistes, juristes, philosophes. sociologues, psychiatres ou historiens.

Liens externes

Un dictionnaire très libéral - Souvent caricaturé, le libéralisme serait-il un humanisme ? Article de Marc Lambron publié dans Le Point le 12 avril 2012.

Aux sources du libéralisme Interview avec Mathieu Laine publiée dans Les Échos le 11 avril 2012.

Commandez l'ouvrage sur Amazon.fr

L'innovation graduelle, victime de la maîtrise comptable des dépenses de santé

9 mei, 2012 - 17:45

Texte d'opinion publié dans Le Temps, le vendredi 27 avril 2012.

Si le progrès des médicaments « pionniers » – à l'origine de nouvelles classes thérapeutiques comme la pénicilline – est peu contesté, celui des traitements représentant des innovations graduelles l'est de plus en plus. Appelés souvent, à tort, des médicaments « copies » (ou « me-too »), leur caractère innovant est mal reconnu et leur commercialisation se trouve découragée par les pouvoirs publics qui face au dérapage des dépenses publiques accentuent la maîtrise comptable et bureaucratique des dépenses de santé. De telles politiques privent les patients de leurs bienfaits potentiels et nuisent aussi paradoxalement à la mise au point de ces futurs traitements révolutionnaires que tout le monde attend.

L'évaluation des nouveaux médicaments par la Commission de la transparence (CT) en France en fournit une bonne illustration.

En tant que patient, vous ou votre médecin trouvez sans doute qu'un dosage plus précis ou différent, qu'un mode d'administration moins douloureux ou plus facile (un patch ou une prise orale à la place d'une injection effectuée par un médecin), sont importants pour votre qualité de vie au quotidien. Pourtant, depuis 2004 ce type d'innovation ne figure plus dans la grille d'évaluation de la CT, utilisée pour juger du caractère innovant ou non des nouveaux médicaments. Celle-ci conclut ainsi quasi-systématiquement à une absence d'amélioration du service médical rendu : en 2008-09 ce fut le cas de près de 9 nouveaux médicaments examinés sur 10.

Cette « mauvaise note » de la part de la CT signifie concrètement que les nouveaux médicaments ne pourront être commercialisés que si leurs prix sont inférieurs au prix des traitements existants, même s'il s'agit des prix de médicaments génériques fixés 10 ou 15 ans auparavant. Les baisses de prix imposées par les pouvoirs publics peuvent ainsi être considérables, atteignant jusqu'à 75% du prix de référence. Certains laboratoires décident alors de reporter leur commercialisation en France au grand dam des patients qui auraient pu en bénéficier.

Ces politiques du médicament – visant à pénaliser les médicaments issus de l'innovation graduelle – vont à l'encontre de la logique du processus d'innovation.

Quels que soient le secteur et l'époque considérés, l'innovation technologique est évidemment marquée par des innovations radicales. Mais elle est également caractérisée en parallèle par de nombreuses innovations graduelles (ou incrémentales) qui sont omniprésentes autour de nous.

Par exemple, si le moteur à combustion interne a révolutionné nos moyens de transport depuis sa découverte, il a subi de nombreux perfectionnements au fil du temps. Grâce à eux, nous nous déplaçons plus vite et plus sûrement tout en consommant moins de ressources. Dans le domaine informatique, les disques durs, processeurs et logiciels font également l'objet de nombreuses corrections, mises à jour et nouvelles versions.

Sans innovation graduelles, nos appareils numériques pèseraient encore 3,6 kg, offriraient une résolution de 0,01 mégapixels et nous coûteraient pas loin de 20 000 dollars américains. Imaginez un peu à quoi ils auraient pu ressembler si les pouvoirs publics s'en étaient mêlés et avaient appliqués la même politique que celle qu'ils mènent en santé. Les consommateurs se seraient vus obligés d'utiliser ces premiers appareils à la place des appareils actuels dont la résolution est plus de mille fois plus importante, pour une fraction du poids et du prix ! Pourquoi accepter pour les médicaments ce que nous ne pouvons même pas imaginer dans tant d'autres domaines de notre vie ?

De plus, l'innovation graduelle présente plusieurs avantages sous-estimés dans le débat public.

Des avantages thérapeutiques, d'une part. Car les médicaments « pionniers » sont souvent perfectibles une fois utilisés à grande échell et n'offrent que très rarement la solution optimale pour traiter une maladie. Le fait de disposer de molécules issues de l'innovation graduelle qui ont un profil, une posologie, un dosage, une rapidité d'action ou un métabolisme différents, permet aux médecins de mieux personnaliser le traitement. En cas de retrait du médicament « pionnier », ils offrent également une solution de remplacement.

Comme le soulignent deux spécialistes, l'histoire de la pharmacologie est en réalité marquée par les améliorations graduelles dans la sûreté, l'efficacité, la sélectivité, et l'utilisation des médicaments. Ainsi, près des deux tiers (63%) des médicaments considérés en 2005 comme essentiels par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont en fait issus de l'innovation graduelle.

Figure 1 : Part des médicaments issus de l'innovation graduelle sur la liste des médicaments essentiels de l'OMS

Source : Cohen et al., Journal of Clinical Pharmacy and Therapeutics, 2006.

D'autre part, l'innovation pharmaceutique graduelle présente des bénéfices économiques.

Par exemple, en diminuant les effets secondaires (vertiges, vomissements, troubles digestifs, douleurs, etc.) ou en améliorant le dosage et la commodité d'emploi, elle permet aux malades de vivre une vie plus normale et de redevenir productifs plus rapidement.

Enfin, l'innovation graduelle a des avantages en matière de gestion d'entreprise. Elle permet des flux de revenus moins incertains que ceux de l'innovation radicale et une meilleure diversification du risque lié aux activités des laboratoires. Or, ce sont ces flux de revenus qui servent à financer l'innovation radicale. Pénaliser l'innovation graduelle signifie automatiquement moins de ressources à investir en R&D et plus de risques pour les laboratoires. Les politiques du médicament visant délibérément à pénaliser l'innovation graduelle finissent donc paradoxalement par avoir un effet opposé à celui qui est affiché. Au lieu de favoriser la future mise au point de médicaments pionniers, elles la freinent aux dépens des patients en attente des traitements révolutionnaires de demain.

Valentin Petkantchin est chercheur associé à l'Institut économique Molinari.

300/65

9 mei, 2012 - 17:20

Larousse vient de publier un dictionnaire du libéralisme. Celui-ci comprend plus de 300 entrées et affiche 65 contributeurs pour outrepasser les caricatures et faire apparaître cette philosophie sous son vrai visage.

Source : Le dictionnaire du libéralisme, sous la direction de Mathieu Laine, Larousse, 2012.

Une occasion manquée de parler du rôle de l'État

2 mei, 2012 - 18:00

De plus en plus de Français comprennent que notre modèle est à bout de souffle et qu'on ne peut pas continuer à creuser les déficits, en demandant à l'État de faire toujours plus. Or nous ne sommes pas nécessairement dans une impasse et il existe des raisons d'espérer. Notre histoire, comme celle de plusieurs pays, nous montre qu'il n'y a rien d'inéluctable. Des réformes, permettant de libérer les forces pour s'en sortir par le haut, sont toujours possibles.

La crise économique lors de la campagne présidentielle - Cécile Philippe sur i>TELE

2 mei, 2012 - 17:28

Interview diffusée le 28 avril 2012 sur i>TELE.

Cécile Philippe, directrice générale de l'Institut économique Molinari, est l'invitée de Valérie Amarou dans le cadre de la Matinale du week-end, diffusée le samedi 28 avril 2012 sur les ondes de i>TELE. Au sommaire : la crise économique et son absence des débats lors de la campagne présidentielle qui s'achève.

Voir l'interview…

Voir l'interview à partir du site de i>TELE…

Une occasion manquée de parler du rôle de l'État

2 mei, 2012 - 17:06

Texte d'opinion publié le mercredi 2 mai 2012 dans Le Figaro.

À quatre jours de l'élection du président français, un constat s'impose. Nous sommes malheureusement en train de gâcher un rendez-vous vérité d'autant plus important que la crise rend urgent la remise à plat de nos modes de fonctionnement.

L'humeur générale en France est à la sinistrose, l'attentisme, la peur, l'impuissance. De plus en plus de Français comprennent que notre modèle est à bout de souffle et qu'on ne peut pas continuer à creuser les déficits, en demandant à l'État de faire toujours plus. Pour autant ils s'interrogent sur notre capacité collective à surmonter les épreuves. Or nous ne sommes pas nécessairement dans une impasse et il existe des raisons d'espérer. Notre histoire, comme celle de plusieurs pays, nous montre qu'il n'y a rien d'inéluctable. Des réformes courageuses, permettant de libérer les forces pour s'en sortir par le haut, sont toujours possibles.

Que nous enseigne donc notre histoire ? Que pendant près de 44 ans, de 1914 à 1958, la France a glissé sur le terrain d'une inflation rampante si bien qu'en 1959, le Franc ne valait plus que 0,4% de ce qu'il valait en 1914. Entre 1914 et 1958, l'offre de monnaie papier (et de dépôts à vue) a été multipliée par 632, le service de la dette par 370, le coût de la construction dans la région parisienne par 320, la dette nationale par 240, l'indice des prix au détail par 200 et le prix des loyers par 60.

Cela ressemblait bien à une réelle descente aux enfers : les Français – pour chercher à se protéger contre l'érosion de leur pouvoir d'achat – ont placé leur épargne à l'étranger, l'ont transformée en or et l'ont thésaurisée plutôt que de la mettre au service de projets d'investissements. Ils ont ainsi dépensé une énergie incroyable à essayer de conserver – avec plus ou de moins de succès – leur richesse plutôt que d'en créer de nouvelles.

En 1958, le déficit de l'État s'élevait à 600 milliards d'anciens francs et le déficit prévisionnel pour 1959 atteint le double, soit 1200 milliards. La situation est critique lorsque le général de Gaulle prend la tête du gouvernement. L'économiste Jacques Rueff et le ministre des finances Antoine Pinay échafaudent alors un plan de redressement qui va mettre fin à cette période désastreuse.

Ce plan, sans être révolutionnaire, marque un vrai retour aux réalités. Les mots d'ordre sont simples : les revenus doivent couvrir les dépenses ; ces dernières doivent avant tout servir à financer les fonctions essentielles de l'État ; il faut cesser de monétiser la dette et repousser les problèmes à demain ; il est vital de limiter l'État providence et la bureaucratie et de s'ouvrir au marché commun naissant.

Plus près de nous, il suffit de regarder vers le Canada des années 1990 pour constater que, là aussi, des réformes radicales ont pu être conduites. La dette publique canadienne dépassait les 100 % du PIB au milieu des années 1990, soit l'un des niveaux les plus élevés parmi les pays de l'OCDE. En une vingtaine d'années, la dette fédérale par personne a été réduite d'environ 40 % déduction faite de l'inflation. Les déficits ont été considérablement réduits, au point de disparaître durant l'exercice 1997-98. En 2007-2008, le Canada enregistrait son onzième budget excédentaire consécutif, alors que nous réalisions en France notre trente troisième déficit d'affilée depuis 1974.

Comme lors du retour au pouvoir du général de Gaulle, ce résultat fut obtenu grâce à un réexamen du rôle de l'État. Cette remise en cause fut d'autant plus consensuelle que le délabrement prolongé des finances avait de facto réduit les capacités d'intervention publiques. Cela donna lieu à des coupes importantes dans les dépenses de nombreux ministères entre 1994-95 et 1997-98, avec des budgets parfois réduits de moitié. Les transferts aux provinces ont baissé de 20%, le nombre d'employé dans le secteur public fédéral de 17%. Il faut aussi noter que parallèlement, la baisse des dépenses a été accompagnée de recettes budgétaires plus importantes, dues en partie à la croissance économique retrouvée, mais aussi à de nouvelles levées fiscales. C'est grâce à ces réformes structurelles radicales que le Canada affronte la crise actuelle avec beaucoup plus de sérénité que nombre de pays européens, en évitant par exemple de tomber dans des débats ne pouvant rien amener de bon, tels celui sur l'intérêt d'un retour au protectionnisme.

Il n'y a pas de fatalité. Il est cependant dommage de n'avoir pas profité de la campagne présidentielle française pour tenir un discours de vérité. C'est un fait que notre État a des limites et qu'il faut revoir ce qui doit relever de sa responsabilité et de celle de tout un chacun. C'est un sujet que le futur Président français ne pourra pas se permettre de reporter aux calendes grecques.

Cécile Philippe est directrice générale de l'Institut économique Molinari.

La crise économique lors de la campagne présidentielle - Cécile Philippe sur i>TELE

28 april, 2012 - 17:56

Cécile Philippe, directrice générale de l'Institut économique Molinari, est l'invitée de Valérie Amarou dans le cadre de la Matinale du week-end, diffusée le samedi 28 avril 2012 sur les ondes de i>TELE. Au sommaire : la crise économique et son absence des débats lors de la campagne présidentielle qui s'achève.

L'innovation graduelle, victime de la maîtrise comptable des dépenses de santé

27 april, 2012 - 18:44

Si le progrès des médicaments « pionniers » – à l'origine de nouvelles classes thérapeutiques comme la pénicilline – est peu contesté, celui des traitements représentant des innovations graduelles l'est de plus en plus. Appelés souvent, à tort, des médicaments « copies » (ou « me-too »), leur caractère innovant est mal reconnu et leur commercialisation se trouve découragée par les pouvoirs publics qui face au dérapage des dépenses publiques accentuent la maîtrise comptable et bureaucratique des dépenses de santé. De telles politiques privent les patients de leurs bienfaits potentiels et nuisent aussi paradoxalement à la mise au point de ces futurs traitements révolutionnaires que tout le monde attend.

2ème édition de l'Université d'Automne en Economie Autrichienne

27 april, 2012 - 12:26

2ème édition à Troyes du 5 au 7 octobre 2012

Comme lors de la 1ère édition, l'Université d'Automne en Économie Autrichienne vise à expliquer les raisons pour lesquelles la crise financière et monétaire loin d'être derrière nous, est au contraire plus présente que jamais. Grande absente des débats présidentiels, elle sera au coeur de cette université afin d'en comprendre aussi bien les causes, les mécanismes que les remèdes qui peuvent y être apportés.

Dans le cadre de deux séries de conférences menées en parallèle et de deux séances plénières (voir programme), les intervenants s'attacheront d'une part, à présenter les principaux enseignements des économistes dits de l'école autrichienne et d'autre part, à approfondir certains aspects des outils analytiques développés par des économistes comme Carl Menger, Ludwig von Mises, ou Friedrich Hayek.

Les organisateurs de l'événement s'adressent à la fois aux étudiants désireux de découvrir une série de raisonnements cohérents pour expliquer la complexité des enjeux économiques, et à ceux qui en connaissant déjà certains aspects, voudraient approfondir leurs connaissances et leur compréhension de la crise actuelle.

Nos conférences s'adressent aussi aux professionnels désireux de comprendre le sens exact et les conséquences inattendues des politiques économiques contemporaines.

40 places pour participer à l'événement seront pourvues au fil de l'eau.

• Les candidatures sont à envoyer par courriel à cecile@institutmolinari.org. Elles doivent contenir un CV accompagné d'une brève description des motivations du candidat pour participer à cet événement.

• Les candidats acceptés seront invités à participer aux frais d'organisation à hauteur de 45 euros. Cette contribution forfaitaire donne accès à la conférence et inclut deux nuits de logement dans un hôtel Etap et quatre repas. Les frais de transport restent à la charge de chaque participant.

• Grâce à la générosité du site Internet 24hGold, certains étudiants rencontrant des difficultés financières pourront être entièrement exonérés des frais de participation. Les bourses doivent être sollicitées au moment de la candidature en précisant la nature de ces difficultés.

Voir programme complet…

Bruxelles « aux commandes » des économies européennes ?

18 april, 2012 - 20:32

Texte d'opinion publié sur 24hGold le 10 avril 2012.

Au lieu de chercher les origines de la crise actuelle du côté des politiques monétaires laxistes des banques centrales, comme le suggère l'école d'économie autrichienne, les gouvernements européens ont adopté une série de mesures de « gouvernance économique » (le « six pack »), entrées en vigueur le 13 décembre dernier.

L'objectif officiel est d'éviter que des États-membres de l'Union européenne (UE) se retrouvent – comme la Grèce – en faillite, risquant ainsi de déstabiliser la zone euro dans son ensemble. Parmi les nouvelles règles de « gouvernance économique » figurent, certes, grâce à la pression de l'Allemagne, des mesures de rigueur budgétaire visant à empêcher dans l'avenir un dérapage des finances publiques.

Cependant, parallèlement à ces mesures, dont le respect limiterait à juste titre l'appétit des gouvernements à s'accaparer une partie croissante des ressources économiques, un « nouvel » outil d'une nature tout à fait différente a également vu le jour. Dans le jargon technocratique de Bruxelles, on l'appelle la « procédure de déséquilibre macroéconomique » (PDM).

De quoi s'agit-il ?

Dans une logique digne du pilotage des économies planifiées des pays ex-soviétiques, les économies nationales des pays-membres de l'UE, se trouvent de facto soumises au contrôle central de Bruxelles.

En effet, grâce à la mise en place de la PDM, la Commission européenne est aux commandes d'un véritable « tableau de bord » macroéconomique, constitué de 10 indicateurs. Ceux-ci vont du solde du compte courant et de la part dans les exportations mondiales (on voit mal comment la Commission pourrait exiger d'un pays qu'il améliore ses parts de marché dans le commerce mondial ?), au taux de chômage, en passant par la dette publique et privée et le coût salarial unitaire nominal. Des « fourchettes » et des seuils-limite à respecter ont été arbitrairement choisis pour chacun d'entre eux : par exemple un plafond de 160% du PIB pour la dette privée, 10% en moyenne sur 3 ans pour le taux de chômage, 4% de déficit du PIB pour le compte courant, etc.

La Commission devra publier des rapports réguliers à ce sujet dans le cadre d'un « Mécanisme d'Alerte », visant à identifier d'éventuels « déséquilibres » dans les différents pays-membres. Le premier rapport a été publié le 14 février dernier.

Sans surprise la grande majorité des pays s'y trouve pour non-respect d'un ou de plusieurs indicateurs : Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Finlande, France, Hongrie, Italie, Royaume-Uni, Slovénie et Suède

La véritable nouveauté de la PDM cependant, est qu'après des analyses complémentaires, Bruxelles pourra déclencher une « procédure de déséquilibres excessifs », consistant à exiger des mesures correctives, voire condamner à des sanctions financières un État-membre « fautif » et ce jusqu'à 0,1% de son PIB !

Alors que la Commission n'a jamais été capable de faire respecter les critères de Maastricht, la voilà donc chargée de faire respecter des « indicateurs » dont la signification économique est hautement plus problématique. Par exemple, une augmentation de l'endettement privé peut très bien être source de développement économique, s'il s'agit d'investissements productifs. Or, la Commission n'est certainement pas la mieux placée pour juger de la productivité d'un investissement.

De même, ne vaut-il pas mieux laisser le marché du travail et les acteurs économiques juger du niveau des salaires – s'il est trop élevé ou pas – que de déléguer cette tâche aux bureaucrates de Bruxelles ? La Bulgarie – pourtant bonne élève en matière d'assainissement des finances publiques et d'investissements étrangers – s'est vue reprocher une croissance trop forte des salaires.

Pourtant, cette croissance reflèterait, selon le Ministère des Finances du pays en question, une augmentation de la productivité et un rattrapage par rapport aux rémunérations pratiquées dans les autres économies européennes entre 2007 et 2009. En dépit de cela, le coût de la main-d'oeuvre bulgare reste pourtant parmi les plus faibles dans l'UE (le salaire minimum bulgare serait même inférieur à celui en Chine).

Au lieu de reposer sur des règles telles que la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes, l'objectif sera désormais de « piloter » les économies européennes à l'aide d'une poignée d'indicateurs statistiques.

La PDM s'avérera à coup sûr un exercice futile d'un point de vue économique. Par contre, elle débouchera à coup sûr sur une politisation et un « micro management » sans précédent de l'économie européenne.

Valentin Petkantchin est chercheur associé à l'Institut économique Molinari.

Comment les banques centrales font-elles faillite ? (Partie II)

18 april, 2012 - 20:16

Texte d'opinion publié sur 24hGold le 16 avril 2012.

Nous avons expliqué dans un précédent article qu'une banque centrale productrice de monnaie-papier à cours légal est exempte de la sanction économique qu'est la faillite. Mais nous y avons également évoqué la possibilité d'une insolvabilité au sens comptable. Ce deuxième article développe davantage ce dernier point.

L'insolvabilité comptable dont il est question ici consiste en une érosion de la valeur des actifs détenus par une banque centrale au-delà du montant de ses capitaux propres. C'est une situation plausible de nos jours en ce qui concerne certaines banques centrales de la zone euro, notamment celles de la périphérie (Grèce, Portugal, Irlande, voire même Italie et Espagne).

Cette érosion de la valeur des actifs de la Banque centrale peut être due à un ensemble de facteurs. D'une part, les banques commerciales qui ont bénéficié d'un refinancement par le prêteur un dernier ressort pourraient se retrouver insolvables et donc incapables de rembourser ces actifs qui dès lors pourraient perdre tout ou partie de leur valeur. Dans ce cas de figure, et du fait même de leur insolvabilité, un n-ième refinancement leur serait refusé, et la banque centrale récupérerait, en tout et pour tout, la valeur de la garantie donnée par la banque commerciale. Seulement, la valeur marchande du titre financier qui a garanti ce prêt pourrait elle-même se trouver fort dépréciée, de sorte que des pertes comptables apparaîtraient au bilan de la banque centrale.

Un deuxième facteur, dont la puissance a été temporairement atténuée par les deux opérations de refinancement de très long terme, est la dépréciation des actifs marchands, c'est-à-dire les obligations d'État et privées en euros ou en devises étrangères, que la banque centrale détient directement. En principe, des provisions pour dépréciation doivent être constituées régulièrement, et il n'est pas exclu que la valeur cumulée de ces provisions dépasse le capital propre de la banque centrale.

Somme toute, en refinançant les agents économiques (banques, États, entreprises d'assurance, etc.), et donc en créant de la monnaie, les banques centrales acquièrent des actifs sur ceux-là et s'exposent au risque de dépréciation de ces actifs. La source concrète de ce risque importe peu et varie selon le cas historique particulier (risque de crédit, de taux ou de change). Ce qui importe, c'est que le capital d'une banque centrale peut se révéler insuffisant pour parier des pertes comptables sur la valeur de ses actifs.

Ce qu'il nous faut analyser maintenant, c'est précisément cela. Dans quelle mesure une telle éventualité, si elle arrivait à se produire dans un pays de la zone euro ou ailleurs, aurait-elle une incidence réelle quelconque ?

Nous soutenons qu'une telle insolvabilité comptable d'une banque centrale serait sans incidence sur la banque centrale elle-même, mais qu'elle importerait énormément du point de vue de la société.

La considération majeure qu'il faut rappeler, et qui reste bien trop ignorée dans les débats, est qu'une banque centrale n'a pas à réaliser ses actifs pour rembourser ses passifs. Ceci implique deux choses.

Primo, la notion de valeur marchande perd tout son sens pour un actif détenu par une banque centrale. En effet, si elle n'a pas à vendre ses actifs pour rembourser ses passifs, en quoi une banque centrale serait-elle concernée par la valeur marchande de ses actifs ? Quelle que soit leur valeur, elle est de fait toujours satisfaisante pour qui n'en a pas besoin, et tel est bien le cas d'une banque centrale.

Secundo, une banque centrale n'a pas à rembourser ses passifs. Lorsqu'un individu lui présente des billets pour remboursement, ou lorsqu'une banque commerciale désire retirer ses fonds, les paiements s'effectuent toujours dans cette même monnaie dont on demande le remboursement. La monnaie-papier inconvertible a précisément cela d'extraordinaire que son émetteur ne peut jamais se retrouver dans la difficulté de la rembourser, car tout simplement elle ne se rembourse en rien d'autre qu'elle-même.

Il s'ensuit que l'insolvabilité comptable, bien que plausible et peut-être bientôt réelle en zone euro, n'implique pas en soi une faillite économique de la banque centrale. Pour celle-ci, elle reste un problème comptable qui peut être résolu par des subterfuges également comptables. Par exemple, et non sans tort comme nous venons de le voir, une banque centrale peut suspendre l'évaluation de ses actifs selon leur valeur de marché. Elle pourrait y substituer la notion plus ou moins arbitraire, et donc plus ou moins accommodante, de valeur économique de long-terme. Elle pourrait aussi chercher une dérogation à la règle d'opérer avec des capitaux propres positifs. Enfin, des schémas de recapitalisation pourraient être mis en place, selon lesquelles la banque centrale échangerait ses propres actions contre des titres de dette.

Seulement, si le trou comptable peut être facilement rebouché, il n'est pas vrai qu'il n'a aucun impact économique sur la société. L'origine de ce trou, si jamais il est révélé, tient à ce que la banque centrale a déjà distribué des cadeaux sous la forme d'achats d'actifs au-delà de ce que des acheteurs potentiels auraient payé sur un marché non entravé. Comme ces cadeaux ont déjà impliqué une hausse de la masse monétaire, ils sont de fait payés par les détenteurs d'encaisses monétaires dont le pouvoir d'achat, c'est-à-dire le nombre et la qualité de biens et services qu'elles peuvent acheter, diminue.

L'érosion comptable des capitaux propres d'une banque centrale est donc supportée économiquement par les utilisateurs mêmes de la monnaie. C'est le degré de compréhension de ce fait et son acceptation ou non par la population qui déterminent la longévité d'une banque centrale. Ce dernier point sera développé dans un troisième et dernier article sur ce sujet.

Siméon Brutskus a vécu sa jeunesse à l'Est, avant de parfaire son éducation économique en France. Sa carrière d'enseignant-chercheur l'a conduit à s'intéresser à la théorie et politique monétaires, et au rôle qu'occupent les banques centrales dans la déstabilisation des systèmes financiers.

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18 april, 2012 - 19:58

Dans une logique digne du pilotage des économies planifiées des pays ex-soviétiques, les économies nationales des pays-membres de l'Union européenne se trouvent de facto soumises au contrôle central de Bruxelles. En effet, grâce à la mise en place de la « Procédure de déséquilibre macroéconomique », la Commission européenne est aux commandes d'un véritable « tableau de bord » constitué de 10 indicateurs.

Source : Macroeconomic Imbalance Procedure - European Commission.

Canada : la rigueur à la hache ? Sans doute pas assez

12 april, 2012 - 16:31

Texte d'opinion publié en exclusivité sur ce site.

Martin Masse, ancien conseiller du ministre Maxime Bernier (interviewé dans un reportage de France 2) et chercheur associé à l'IEM, commente la vidéo proposée dans notre newsletter.

Je suis d'accord avec une bonne partie du reportage, en particulier l'ampleur des compressions, leur mise en oeuvre, le rôle qu'ont joué les médias, etc. Il y a toutefois une portion importante de l'émission qui donne une perspective faussée. Quand le journaliste indique les effets négatifs des compressions fédérales, il parle des mises à pied du personnel dans les hôpitaux et du manque d'entretien des infrastructures, faisant mention en particulier des routes au Québec. Le professeur interviewé parle à ce sujet de « pelletage » dans la cour des provinces. Il faut savoir que cette interprétation est celle que répètent les opposants aux compressions fédérales, en particulier dans les provinces.

Le gouvernement fédéral a en effet réduit les transferts fédéraux aux provinces, mais il faut savoir que l'argent transféré aux provinces n'est pas dédié à des dépenses spécifiques, en dépit du nom du programme de transfert le plus important intitulé « transfert au titre de la santé ». Ces transferts s'ajoutent tout simplement aux revenus globaux des gouvernements provinciaux. Ceux-ci peuvent choisir d'allouer les ressources comme ils le souhaitent. Ils auraient ainsi pu consacrer plus d'argent (de leurs revenus propres) à la santé et couper les dépenses d'autres programmes.

Au Québec notamment, le gouvernement a fait le choix à la fin des années 1990 (en même temps que les transferts fédéraux étaient réduits) de faire des compressions importantes dans le secteur de la santé et de mener en parallèle une certaine réorganisation, de nature surtout bureaucratique, qui n'a pas donné les résultats escomptés. Ces résultats ne sont donc pas un effet direct de la réduction des transferts fédéraux mais bel et bien la conséquence d'une décision du gouvernement provincial. Ce dernier a préféré baisser les dépenses de santé et faire cette réforme plutôt que de dépenser toujours davantage dans ce secteur. Compte tenu de l'augmentation très rapide des coûts du système de santé, la situation devenait de toute façon insoutenable même sans réduction des transferts fédéraux. On peut donc tout au plus affirmer que la réduction des transferts a donné plus d'urgence à une telle réforme.

Le cas des infrastructures est encore plus évident. Elles ont été négligées au Québec depuis des décennies parce qu'il était sans doute plus rentable électoralement d'« investir » dans de nouveaux programmes sociaux populaires et diverses mesures interventionnistes de développement économique.

La détérioration des infrastructures est lente et met des années à se faire sentir. Ce n'est que lorsque les viaducs, il y a quelques années, ont commencé à s'effondrer et à provoquer des morts, que l'entretien des infrastructures est redevenu une priorité et que le gouvernement provincial a décidé de se lancer dans de grands travaux de réfection. Les compressions fédérales ne sont aucunement responsables de ces négligences qui relèvent des choix des gouvernements provinciaux.

Les réformes canadiennes du milieu des années 1990 ont eu des effets largement positifs. Elles ont permis d'engranger des excédents budgétaires pendant plus d'une décennie, une situation unique parmi les pays du G8. Elles ont également permis de réduire les impôts et de susciter une croissance plus forte. Tout ce qu'on peut déplorer, c'est qu'elles n'aient pas été plus ambitieuses.

Canada : la rigueur à la hache

12 april, 2012 - 16:31

Reportage diffusé dans le cadre du magazine Un oeil sur la planète, le 26 mars 2012, sur France2.

Chacun pressent que des décisions douloureuses sont à venir. Nous n'avons plus les moyens de financer notre modèle social. Il va bien falloir baisser nos dépenses mais comment faire ? 8 millions de Français vivent déjà avec moins de 1000 euros par mois… Et si on regardait ce qu'ont fait les autres ? Le Canada ou la Suède ont perdu leur triple A avant de le retrouver. Ils sont considérés aujourd'hui comme des modèles de gestion. Notre principal partenaire, l'Allemagne était mal en point il y a dix ans. Elle a réussi à garder sa note. Comme les Pays-Bas. Tous ont du procéder à des réformes radicales. A quel prix ? Pour quels résultats ? Leur système est-il moins généreux que le nôtre ? C'est ce qu'a tenté de savoir l'équipe du magazine Un oeil sur la planète, le 26 mars 2012 sur France2. Voici le cas du Canada.

Voir le reportage « Canada : la rigueur à la hache »

Pour retrouver son triple A, le Canada est passé au régime minceur. Un fonctionnaire sur cinq a été renvoyé et les dépenses publiques sévèrement contrôlées. Les marchés publics sont transparents, les administrations régulièrement évaluées. On garde ce qui marche, on supprime ce qui est inefficace. Mais est-il possible d'économiser et de moderniser sans dégrader la qualité du service public ? Enquête.

Voir le commentaire de Martin Masse, ancien conseiller du ministre Maxime Bernier (interviewé dans le reportage de France 2) et chercheur associé à l'IEM.

Il ne faut pas pénaliser l'innovation graduelle, selon une nouvelle étude de l'Institut économique Molinari (IEM)

5 april, 2012 - 00:00

Communiqué de presse

Paris, le jeudi 5 avril 2012 – Si le progrès médical lié aux médicaments « pionniers » est peu contesté, cela est loin d'être le cas des traitements représentant des innovations graduelles (appelés souvent à tort des médicaments « copies » ou « me-too »). Sous la pression de la maîtrise comptable des dépenses de santé, le caractère innovant de ces derniers médicaments est mis à mal et leur commercialisation se trouve découragée par les pouvoirs publics, notamment par la Commission de la transparence chargée de leur évaluation en France.

« De telles politiques vont tout simplement à l'encontre de la logique du progrès technologique, quel que soit le secteur ou l'époque considérés. Elles ignorent les avantages de l'innovation graduelle », souligne le rapport de l'IEM.

La logique de l'innovation technologique

Si l'innovation technologique est marquée par des découvertes et des innovations radicales, elle est aussi le fruit de nombreuses innovations graduelles. Celles-ci sont omniprésentes.

• Moteur à combustion : depuis sa découverte qui a révolutionné nos moyens de transport, il a subi de nombreux perfectionnements en matière de puissance, de vibration, de taille, de poids, de pollution, etc. permettant d'améliorer la rapidité, la qualité et la sécurité de nos déplacements tout en utilisant relativement moins de ressources rares ; • Hi-Tech : Les ‘notebooks' et les ‘smartphones' sont le résultat d'innovations graduelles apportées respectivement au PC et au téléphone portable ; • Appareils de photographie : sans innovations graduelles, nos appareils numériques pèseraient encore 3,6 kg (au lieu d'une centaine de grammes pour les plus légers), offriraient une résolution de 0,01 mégapixels (au lieu d'une résolution plus de mille fois plus importante) et nous coûteraient pas loin de 20 000 dollars américains au lieu des quelques centaines, voire dizaines d'Euros actuellement ; • Domaine médical : Qu'il s'agisse de l'endoscope ou de la pilule contraceptive, les innovations graduelles ont permis d'améliorer les performances de l'un et de réduire drastiquement les effets secondaires de l'autre comme le risque de prise de poids.

Les avantages de l'innovation pharmaceutique graduelle

D'une part, l'innovation graduelle présente des avantages thérapeutiques. Car, contrairement aux médicaments génériques, les médicaments issus de l'innovation graduelle ont des molécules, un profil, une posologie, un dosage, une rapidité d'action ou un métabolisme différents. C'est ainsi que près des deux tiers (63%) des médicaments considérés en 2005 comme essentiels par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont en fait issus de l'innovation graduelle.

D'autre part, l'innovation pharmaceutique graduelle présente des bénéfices économiques à ne pas ignorer.

• En diminuant les effets secondaires ou en améliorant la commodité d'emploi, elle permet aux malades de vivre une vie plus normale et de redevenir productifs plus rapidement ; • Entre 1970 et fin 1990, le lancement de médicaments issus de l'innovation graduelle a permis de réduire la période d'exclusivité commerciale des médicaments « pionniers » de 10,2 ans à 1,2 ans ; • L'innovation graduelle assure un flux de revenus moins incertain qui sert à financer l'innovation radicale.

Toute politique qui limite artificiellement la commercialisation de l'innovation pharmaceutique graduelle aurait, par conséquent, pour effet d'augmenter les risques des laboratoires pharmaceutiques.

Paradoxalement, les politiques qui visent délibérément à pénaliser cette innovation et à obliger les laboratoires à ne commercialiser que des médicaments « pionniers », finissent par avoir un effet opposé à celui qui est affiché. Au lieu de favoriser leur mise au point, elles la freinent aux dépens des patients, conclut l'étude de l'IEM.

Intitulée Les avantages de l'innovation pharmaceutique graduelle, l'étude est disponible sans frais sur notre site.

* * *

L'Institut économique Molinari (IEM) est un organisme de recherche et d'éducation qui vise à entreprendre et à stimuler l'approche économique dans l'analyse des politiques publiques. Il s'est fixé comme mission de proposer des solutions alternatives et innovantes favorables à la prospérité de l'ensemble des individus composant la société.

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Informations et demandes d'interviews : Cécile Philippe, PhD Directrice, Institut économique Molinari cecile@institutmolinari.org +33 6 78 86 98 58

Incremental innovation must not be penalised, says a new study from the Institut économique Molinari (IEM)

5 april, 2012 - 00:00

Media Release

Paris, Thursday April 5, 2012 – While medical progress related to “pioneering” drugs is largely unchallenged, this is far from true of treatments that represent incremental innovations (often wrongly referred to as “copies” or “me-too” drugs). Under pressure from accounting control of health spending, the innovative character of these drugs is questioned and their commercialisation deterred by the public authorities, in particular by the Transparency Commission responsible for evaluating them in France.

“Policies such as these simply run counter to the logic of technological progress, regardless of the sector or era being considered,” the IEM study notes. “They overlook the advantages of incremental innovation.”

The logic of technological innovation

While technological innovation is marked by radical discoveries and innovations, it also results from numerous incremental innovations, which are ubiquitous.

• Combustion engine : Since its discovery, revolutionising our means of transport, it has undergone numerous refinements in terms of power, vibration, size, weight, pollution, etc., providing for improved speed, quality and safety in our movements while using smaller amounts of scarce resources. • High-tech : “Notebooks” and “smartphones” are the result of incremental innovations made to PCs and mobile telephones respectively. • Cameras : Without incremental innovations, our digital cameras would still weight 3.6 kg (rather than 100 g for the lightest ones), would provide resolution of 0.01 megapixel (instead of more than a thousand times greater resolution) and would cost us close to $20,000 rather than hundreds or just tens of euros as at present. • Medical field : Whether for the endoscope or the contraceptive pill, incremental innovations have led to improved performance for the former and drastically reduced side effects, such as weight gain, for the latter.

The advantages of incremental pharmaceutical innovation

On the one hand, incremental innovation offers therapeutic advantages. Unlike generic drugs, the products of incremental innovation have different molecules, profiles, posologies, dosages, speed of action or metabolism. This is why nearly two-thirds (63%) of drugs considered essential by the World Health Organisation (WHO) in 2005 resulted from incremental innovation.

In addition, incremental innovation offers economic benefits that should not be overlooked :

• By reducing side effects or improving ease of use, it enables the sick to experience more normal lives and to become productive again more quickly. • Between 1970 and the late 1990s, the launch of drugs resulting from incremental innovation helped reduce the period of commercial exclusivity of “pioneering” drugs from 10.2 years to 1.2 years. • Incremental innovation creates steadier income flows that serve to finance radical innovation.

Accordingly, any policy that artificially limits the commercialisation of pharmaceutical innovation would have the effect of increasing the risks faced by pharmaceutical firms.

Paradoxically, policies aimed deliberately at penalising this form of innovation and requiring pharmaceutical companies to bring only “pioneering” drugs to market end up having the opposite effect of what was stated. Rather than favouring their development, the IEM study concludes, these policies hold it back, at patients' expense.

Titled The advantages of incremental pharmaceutical innovation, the study is available free of charge on our website.

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The Institut économique Molinari (IEM) is an independent, non-profit research and educational organization. Its mission is to promote an economic approach to the study of public policy issues by offering innovative solutions that foster prosperity for all.

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Information and interview requests : Cécile Philippe, PhD Director, Institut économique Molinari cecile@institutmolinari.org +33 6 78 86 98 58